10 ans sans lavage

10 ans sans faire de lavage : le rêve de plusieurs! Avec quatre enfants, je m’épate quand je peux sauter une journée.

Dans le cadre de ma mission « À go, je reconstruis ma vie » (ben oui, je suis au début de la quarantaine, ça explique sûrement des choses…), je prends conscience que mon ménage de vie doit passer par un vrai ménage, très concret.

Le balai, le classement des livres et des garde-robes, le tiroir à ustensiles… mais en profondeur. Repenser tout. Me demander pourquoi j’ai chaque objet, à quoi il me sert, comment il me fait me sentir, ce qu’il symbolise pour moi, pourquoi je le place à cet endroit. Et pourquoi je ne m’en débarrasse pas.

Dans les dernières années, j’ai accumulé beaucoup trop d’objets. À commencer par les livres. Je me servais de mon passé de docteure en littérature et de prof de français pour justifier tous mes achats, et surtout, pour me déculpabiliser de tout garder. Si ça a des pages et une couverture, si ça contient des mots, c’est… comment dire… vital? Impossible de s’en départir? Un objet plus précieux que les joyaux de la reine? Méchante belle défaite pour accumuler des tonnes de livres. Ah oui, mes quatre enfants adorent lire, eux aussi. Donc, une raison de plus. Et ça, c’est sans compter les cahiers d’écriture… tous vierges. Mais que je me promets de remplir! Depuis longtemps…

Mais là, vraiment, je dois choisir entre acheter une maison plus grande, construire une rallonge pour héberger mes livres ou… donner et vendre des livres. J’ai commencé. Tranquillement. Mon objectif : que tous les livres que je garde entrent dans les bibliothèques que je possède déjà, et si possible, en une seule rangée. Défi gargantuesque s’il en est un. À suivre.

La lecture des livres (ben oui, des livres!) de Marie Kondo m’a encouragée à ouvrir mes tiroirs et à trier, à organiser, à jeter, même. À redonner au suivant. Mais horreur! Si je me fie au nombre de brassières que je possède, je pourrais me passer de faire du lavage pendant quasiment dix ans. Même chose pour les pyjamas (j’achète mes pyjamas en fonction de mon moral : un pour les soirées chill, un pour les nuits de tristesse ou les besoins de réconfort, un quand je me sens femme, un pour laisser le tomboy en moi s’exprimer…)

Même chose pour les robes, les pantalons, les bas doux. À l’idée de ne pas trouver LE vêtement qui convient à mon humeur et à mon besoin au moment où je le veux, j’angoisse. Je pense que ça me vient de l’époque où je portais un uniforme de collégienne cinq jours par semaine, et un uniforme de cadette pendant la fin de semaine. Ou de l’époque où on était convaincus que la fin du monde arrivait et qu’on devait amasser du surplus « au cas où ». Le « où » n’est jamais arrivé, évidemment, mais il me fait encore des grimaces de l’autre bord de la fenêtre.

Ça, c’est sans compter ma perte de poids. On ne peut pas prendre puis perdre cinquante livres sans changer de garde-robe. Je passe des coutures dans les vêtements que je peux récupérer, mais cette méthode a quand même ses limites. La Saint-Vincent m’attend, je crois bien…

Je suis aussi en train d’apprendre les bienfaits d’un frigo qui ne déborde pas. Et si mes enfants ne trouvaient pas ce qu’ils ont le goût de manger? Et si je ne pouvais pas mettre la main sur la collation du soir qui me rassurera? Et si, et si. Je fais mon épicerie comme si les commerces étaient inaccessibles 23 heures sur 24. Je veux apprendre à mieux planifier mon menu, mais aussi à accepter qu’à l’occasion, une rage d’oranges ou de yogourt à l’ananas ne puisse être satisfaite dans l’immédiat.

Au fil du temps et des actions qui me soulagent du « trop », je prends conscience que ce qui envahit mon espace, ce sont les « si ». Les peurs. Qu’il me manque quelque chose. De jeter quelque chose qui serait encore utile. Une fois par année, peut-être. Mon espoir de tout prévoir pour tout éviter.

Au risque de décevoir madame Kondo (bon, je ne la connais pas personnellement, alors ça devrait aller), je ne suis pas prête à faire le grand saut. À mettre au milieu de mon salon tout ce que je possède, à prendre chaque objet dans mes mains en me demandant s’il m’apporte de la joie, s’il m’est vraiment utile, s’il est vraiment placé au meilleur endroit. Mais je chemine. Et contrairement au Petit Poucet qui laisse ses cailloux derrière lui pour retrouver son chemin, ce que je laisse derrière, c’est pour de bon.

Et chaque fois que je choisis de moins accumuler (c’est beau jeter ou donner ou vendre, mais encore faut-il moins acheter!) ou de me débarrasser de quelque chose, je me sens allégée, moins piégée.

Je vais continuer de faire mon lavage au jour le jour, mais je vais aussi continuer de surveiller ce qui entre et ce qui sort de chez moi. Juste parce que ça m’aide à me sentir bien.

Et vous, qu’avez-vous tendance à accumuler? Quels sont vos trucs pour trier ou pour mieux vous organiser?

Nathalie Courcy



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