À la maîtresse de mon conjoint

À la maîtresse de mon conjoint,

Tu sais, je pense à toi dernièrement…

Je me demande comment tu vas depuis que tu as détruit ta famille pour pouvoir vivre avec mon conjoint.

Je me demande si parfois, tu t’en veux un petit peu. Si tu as des remords.

Je me demande si le fait qu’il a décidé de demeurer avec moi, malgré les attentes que tu avais envers lui, te fait mal autant que tu m’as fait mal lorsque, cette journée-là, tu as décidé coûte que coûte, que tu allais tenter de saccager une relation.

Une relation qui oui était fragile, mais qui sincèrement, ne méritait pas ce qui lui est arrivé.

Ne va surtout pas penser que je suis dans le déni, que je crois que tu es totalement en cause et que mon conjoint est totalement innocent. Bien évidemment, un jeu de séduction ne se joue pas seul. Il faut deux parties.

Je pense à toi et je m’interroge.

Comment peut-on en venir au point d’une relation où nous avons l’envie, non seulement d’anéantir notre vie de famille, mais, en plus, de tenter de s’immiscer dans la vie amoureuse de deux autres personnes.

Comment peut-on vouloir blesser une personne (ton conjoint) à ce point?

Tu sais, un côté de moi ne peut t’en vouloir. Il est séduisant avec son sourire charmeur, son odeur, ses yeux si doux. Je suis tombée moi aussi, il y a quelque temps de cela, sous les charmes de cet homme merveilleux.

Par contre, si cet homme merveilleux avait été en relation au moment de cette rencontre, jamais l’idée de détruire cette liaison ne m’aurait traversé l’esprit.

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai un immense respect envers les gens, même ceux que je ne connais pas, ou si c’est simplement parce que j’ai confiance en moi, mais cette journée-là où toi, tu as décidé que tu allais l’approcher, sans te soucier de moi et de mes sentiments, j’ai encore de la difficulté à assimiler ce qui s’est passé dans ta tête.

Ne t’en fais pas. Lui… je lui en veux aussi. Il travaille fort pour me convaincre que tu n’étais qu’une distraction, qu’une évasion. Et je le crois, tu sais. Qui n’aimerait pas se faire séduire avec assurance par une femme au regard intense et aux paroles déstabilisantes?

Malheureusement pour toi, il est resté et j’ai décidé de lui faire confiance à nouveau. Tu sais pourquoi ?

Parce que notre amour, je crois, est beaucoup plus fort qu’une relation qui se passe dans un ascenseur ou dans un bureau entre quatre murs… Dommage que tu aies cru le contraire.

Je pense à toi, tu sais.

Je me demande si maintenant que tu as détruit ta famille, que tu m’as blessée et que tu es seule dans ton logement avec tes enfants, tu te sens satisfaite? Heureuse?

Crois-tu que ça aura valu la peine de faire cela, maintenant que tu vois où tu en es?

Tu sais, je pense à toi et je dois t’avouer que j’ai un peu pitié.

Je te souhaite sincèrement de trouver un sens à ta vie. De guérir les blessures intérieures qui te rendent si antipathique.

Ne te soucie pas de moi, comme tu l’as fait en mars dernier. Je vais bien. Je suis toujours aussi amoureuse et je suis persuadée d’une chose : tu auras au moins réussi à renforcir mon couple d’une certaine façon. C’est drôle à dire hein?

Mais oui, cet événement m’a rendue plus forte, m’a donné envie de communiquer avec mon conjoint, m’a donné envie de croire que l’amour est assez fort pour traverser des tempêtes et pour les surmonter ensemble.

Tu sais, je pense à toi, mais j’ai cessé de penser à vous.

Tu sais pourquoi ?

Parce qu’il n’y avait tout simplement pas de vous. Et ça, je le sais. Nous le savons toi et moi.

Je pense à toi et j’espère que, tout comme moi, tu apprendras de cette péripétie.

Eva Staire



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