À toi mon angoisse

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit. Ça ne me tentait pas, je l’avoue. Je n’avais que du négatif qui pataugeait dans ma tête et ce n’était pas beau. Même moi, je me tombais sur les nerfs! Pas question d’emmerder les autres avec mes idées plates!

Je ne dis pas qu’aujourd’hui je suis parfaite, mais je vais un peu mieux. Un peu mieux simplement parce que j’apprends à vivre… avec mes idées plates! Ben oui toi, j’suis d’même! Il y a des gens qui ont été mis sur mon chemin récemment et qui m’ont ouvert les yeux!

–          Man, tu peux pas vivre de même toute ta vie!

–          Heu… ben, c’est ce que je fais, M-A-N — !

Et là, j’ai réalisé. Réalisé que mes pensées m’appartiennent. Réalisé que c’est moi seule qui les nourris. Réalisé que personne ne connaît mon angoisse réelle parce que je garde tout en dedans pour ne pas emmerder les autres, mais que je n’en peux plus! Réalisé que personne ne m’aidera si je ne suis pas sincère. Mon cœur me faisait mal de plus en plus à chaque matin que je me levais. Chaque pas que je faisais me demandait un effort pour ne pas hurler ma douleur et ma peur de tomber! Je le disais si souvent que tous mes projets étaient une façade pour me tenir occupée, pour empêcher mon cerveau de penser. Mais personne n’y portait attention!

–          T’en fais, toi, des choses! Maudit que t’es fonceuse!

Pu capable de l’entendre! Pu capable de faire semblant de ne pas être moi! Pu capable d’avoir un mur de béton devant le cœur! Pu capable de faire plaisir aux autres en m’oubliant! Pu capable d’avoir des pensées qui m’empêchent de dormir le soir! À toi mon angoisse, quelqu’un m’a dit récemment de te traiter comme une inconnue qui passe dans la rue. S’il fallait que je m’arrête à chaque passant pour le saluer, je passerais probablement pour une folle et je perdrais un temps fou dans ma vie, alors je dois te traiter de la même façon : je ne dois pas m’attarder à toi le soir quand tu m’empêches de dormir! Je dois te laisser filer comme un passant dans la rue.

Eh bien, depuis une semaine, quand tu essaies de me gâcher le sommeil, je me dis que tu es un passant dans la rue et que je dois te laisser filer… et ça marche! 34 ans à essayer toutes sortes de façons de m’en sortir et il fallait que je te traite comme une inconnue.

À toi mon angoisse, nous ne sommes pas des inconnues parce qu’on a marché tant d’années main dans la main, mais crois‑moi, on deviendra de « nouvelles inconnues » au fil du temps.

Tania Di Sei



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