À toi qui crois que je ne sais pas élever mon enfant!

Je ne sais pas si tu es prêt à lire ce texte. Tu trouveras sans doute mille et une excuses pour me le remettre sur le nez. Tu me sortiras sans doute des pseudo-études, me disant que le TDAH n’existe pas, que je suis seulement un mauvais parent. Tu me diras sûrement que je me trouve une ou des raisons pour excuser, selon toi, ma ratée de fille…

 

J’aimerais te dire que je suis loin d’être une mauvaise mère, que mon chum est sûrement le meilleur des pères. Je te dirais que des trucs pour aider ma fille, j’en connais tellement que je pourrais en écrire un livre.

 

Tu veux en savoir plus sur la parentalité positive? Ben viens me voir, j’ai tout lu ce que je pouvais trouver sur le sujet. 

 

Est-ce que tu sais qui est Brigitte Racine? Moi oui, elle est devenue ma meilleure amie (même si elle ne le sait pas). Ses livres sont fabuleux, mais pas miraculeux.

 

J’investis tellement de temps avec ma fille que parfois, j’ai l’impression de négliger mes deux autres filles.

 

Et tu sais quoi? On se sent tellement dépassé avec son TDAHI (ben oui, on a une lettre de plus nous, « i » pour impulsivité) qu’on a demandé de l’aide. Chaque semaine, une psychoéducatrice vient à la maison pour nous aider et pour aider ma cocotte. J’applique, chaque jour, les trucs, les conseils qu’elle me donne. Encore une fois, ce n’est pas miraculeux, mais ça nous aide.

 

Et tu vois, malgré tous les efforts, tout ce temps passé, ben, il arrive encore qu’elle pète une solide coche dans un magasin. Qu’elle me crie des insultes, me frappe ou lance quelque chose. 

 

C’est là, à ce moment précis, que tu me juges. Parce que, parfois, je suis dépassée et je n’interviens pas. Tu ne sais pas que c’est la centième crise que je gère aujourd’hui. C’est là que tu décides que je ne sais pas élever mes enfants. Que je sors l’excuse du TDAH pour me déculpabiliser.

 

Alors que toi, tu crois que je ne sais pas élever mes enfants, moi, je te dis ceci : j’élèverai ma fille tellement haut qu’elle découvrira que son TDAHI deviendra sa plus grande force. 

 

La prochaine fois que l’envie te prend de dire que le TDAH n’existe pas, repense à moi et à tout ce que je fais pour ma fille. Tu croiras peut-être qu’il y a une petite chance que ce ne soit pas une invention, parce qu’on travaille fort avec notre fille.

 

Et souviens-toi de ce proverbe amérindien : ne juge aucun homme (tu peux remplacer ici homme par le mot parent) avant d’avoir marché avec ses mocassins pendant deux lunes.

 

Mélanie Paradis



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