Un alien vit dans mon enfant

Je sens que tout m’éclate au visage.

La petite fille altruiste, généreuse, portée vers son prochain n’existe plus.

Une version non améliorée a pris sa place.

Une humaine qui ne pense qu’à sa propre personne, qui ne voit que ce qui l’avantage et laisse tomber le reste.

Ma fille s’est fait voler son corps par un alien, qu’il n’y aurait pas de différence.

Peu importe ma façon d’approcher la bête, je suis l’ennemie.

Est-ce que tu vis ça, toi?

Ne me dis pas que je suis la seule à vivre cette invasion?

Je ne reconnais plus cette enfant qui avait le  bonheur facile.

Qui ne voyait que le bon en tout.

Qui aimait ma présence.

Maintenant, elle me fuit.

Maintenant, elle m’ignore.

Chaque matin m’offre une version de cet être que j’ai mis au monde et que je ne reconnais plus.

Parfois, à certains moments, je vois l’étincelle de qui elle a émergé. Un peu comme si elle me disait de ne pas lâcher prise, de continuer mes efforts.

Comme si elle me parlait avec ses yeux pour me dire qu’elle est toujours là, latente, attendant que l’alien la quitte.

Cet alien qui lui permet de créer cette essence qui lui fera quitter l’enfance, mais qui la submerge la plupart du temps.

Je sais qu’elle vaincra cette adolescence alien et que de cette aventure émergera ma fille devenue femme, mais les temps sont difficile ces jours‑ci.

La noirceur envahit ma tête, mon âme.

J’ai beau me coller à mon soleil intérieur, ma peine est grande.

Je dois avouer que me rebeller n’améliore jamais les choses, surtout pas le quotidien répétitif.

Je dois faire confiance à cette belle âme qui est cachée à l’intérieur de mon enfant et qui, comme un diamant, se polit tout doucement.

J’ai confiance que le soleil reviendra.

Je dois travailler de mon côté sur moi, pour être prête à accueillir cette merveille qui m’a choisie comme maman.

Peu importe la tempête, je travaille en moi le pardon, le lâcher-prise, l’espoir, l’accueil de l’autre dans ce qu’elle est. Je me donne de l’amour et je ne culpabilise pas, car moi aussi, j’ai à me polir doucement.

Cette invasion de  l’adolescence alien, qui n’est que temporaire et qui dans le fond, je le sens, sera bénéfique autant à moi qu’à ma fille.

En attendant, dis‑moi que je ne suis pas seule, que tu vis l’invasion toi aussi. Comme ça, je me sentirai moins seule…

Martine Wilky

Auteure, coach et conférencière

martinewilky@gmail.com

www.martinewilky.com

514.258.3606

 

 



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