Pas besoin d’un prince charmant pour la Saint-Valentin !

Je sais, tu dois ressentir beaucoup de pression depuis notre liaison. Écoute, ce n’est pas de ta faute ni de la mienne. Tu dois comprendre que depuis toujours, je ne suis pas comme les autres fillettes qui rêvent du prince charmant. Celui qui galope à toute allure sur sa monture et qui vient me délivrer en me donnant un baiser passionné. Celui avec qui nous vivrons heureux éternellement et avec qui nous aurons plein d’enfants.

Je sais, tu dois ressentir beaucoup de stress parce que je la joue comme une femme forte, solidaire, indépendante, fière et qui veut une grande liberté.

Je sais, tu dois être tout mêlé parce que je ne suis pas une princesse en détresse qui attend son prince pour se faire libérer le temps d’une soirée. Tu dois comprendre que je suis le « genre de femme » qui ressemble à une fille dans le film Les belles de l’Ouest. Tu te souviens de ce film ? Je l’ai écouté assez jeune à vrai dire (peut-être trop jeune quand j’y repense, mais bon…) et j’ai eu un déclic en voyant comment une femme pouvait se faire traiter dans la société et comment elle pouvait se choisir.

Ces femmes m’impressionnaient par leur caractère et leur entraide. Leur volonté d’être ce qu’elles veulent : courageuses, intelligentes, drôles, belles et heureuses dans une jungle remplie d’hommes affamés. Vivre à cette époque ne semblait pas facile ni de tout repos pour les femmes. Ce que j’aimais par‑dessus tout, c’est que ces femmes ont décidé de prendre leur vie en main et qu’elles ont retrouvé la liberté qu’elles méritaient. Elles étaient hors la loi, certes, mais elles étaient les reines de leur vie et non les spectatrices de la réussite de leur roi.

Je sais, tu as de la pression toi aussi, car tu as grandi avec les mêmes histoires de princesses et de chevaliers que moi. Depuis que tu es tout petit, on te montre des guerriers qui doivent conquérir des royaumes et sauver des princesses. Mais là, tu te retrouves avec une femme qui veut prendre les rênes et qui veut elle aussi être le personnage principal de sa propre histoire. Fidèle à sa personne, libre, rêveuse et heureuse. C’est ce que je veux et c’est ce que tu devrais vouloir toi aussi.

Je sais, je pense être la seule de ma génération à avoir écouté ce film, puisque certaines de mes amies attendent encore leur prince charmant. J’ai un peu de peine pour elles. Leur joie et leur bonheur dépendent de ce prince, « THE PRINCE » qui viendra faire de leur vie la vie qu’elles s’imaginent depuis leur tendre enfance.

En fait, en regardant ma génération et celles qui ont précédé la mienne, on s’aperçoit rapidement que les femmes étaient à la recherche, dans une quête sans fin, pour enfin trouver leur prince charmant. C’est vrai, regardez nos films de jeunesse. Ceux qui mentionnaient que Cendrillon était malheureuse jusqu’au jour où le prince l’a sortie de ses chaudrons. Même Blanche-Neige, qui était enfin heureuse avec ses sept nains (je suis certaine que deux nains tripaient sur elle !), a eu besoin de son prince pour la sortir de la mort avec un simple baiser. Et c’est un peu la même histoire pour la Belle au bois dormant.

Je suis convaincue que ni Cendrillon ni Blanche-Neige n’ont visionné le film Les belles de l’Ouest. Sinon, elles n’auraient pas attendu que leur prince vienne les sauver et qu’il leur donne une maison. Du confort. Des rêves. Du respect. Une vie.

Je sais, ce film m’a marquée. Il m’a enseigné la façon dont j’avais le goût d’être perçue par un homme. Il m’a appris la manière dont j’avais le goût de vivre ma vie à moi. J’imagine que tu ne seras pas étonné si je te dis que j’étais un peu plus p’tit gars manqué à papa que la petite fille à maman. Et que tu ne seras pas surpris, non plus, si je te dis que ça me plaît ainsi.

Je sais que je peux te faire peur, car je suis une belle de l’Ouest assumée qui ne laissera pas un homme décider de tout. De tout ce qui me concerne et encore moins s’il veut me marcher sur les pieds. Tu sais, les traces de nos pas qui marquent le sol sont uniques. On ne peut pas être tous les deux dans les mêmes traces. Mais, si tu veux emprunter le même chemin que moi et si tu veux qu’on ait notre propre royaume à conquérir ensemble, je serais très heureuse qu’on galope côte à côte. Tu pourras découvrir le genre de fille que je suis et peut-être qu’on pourra apprendre à se connaître réellement en dégustant un bon souper.

Qui sait, peut-être qu’un jour, je te donnerai un baiser passionné et que la pression te quittera. Peut-être qu’un jour, ce sera nous qui vivrons heureux et qui aurons beaucoup d’enfants, comme dans ces contes de fées.

Maman Gonflée !



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