Espoir il y a

Quand l’adolescence de ton enfant commence avant même que le terrible two se pointe… tu te dis que tu ne survivras pas.

Quand le terrible two oublie de finir. Qu’il enchaîne avec le f…g four et que les six ans sextuple l’intensité… tu te dis que le bon Dieu t’a oubliée. Ou qu’il fait exprès pour te faire suer.

Quand toutes les méthodes enseignées par les maîtres de l’éducation bienveillante, de la discipline thatchérienne et du lâcher-prisme ne fonctionnent jamais plus de quatre jours (et demi, quand tu es chanceuse)… tu doutes. De tout : capacités parentales, possibilités de t’en sortir vivante, existence d’une justice pour les parents.

Quand tout le monde te répète : « OMG. Ça va être quoi, à l’adolescence?! », en prenant bien soin d’ajouter moult points d’exclamation et regards de découragement… tu le sais, le mauvais quart d’heure va s’étirer au‑delà de toute résistance possible. Tu vas y laisser ta peau, ton estime personnelle (il t’en reste un petit bout, n’est-ce pas?) et tout ce que ton cerveau peut contenir de sain.

Quand ton enfant, qui était pourtant si mignon au temps des couches et des siestes, te torture l’esprit autant que le cœur à force de compliquer les affaires, de la moindre demande à la plus simple sortie… tu te dis… en fait, tu ne te dis plus rien. Rendue là, tu es trop occupée à faire la nage du petit chien pour garder ta tête hors de l’eau. Et celle de ton enfant. Parce que s’il t’en fait voir de toutes les couleurs, c’est parce que lui aussi se noie à petit feu…

Et un jour, l’adolescence arrive. Pas de grandes pompes, pas de trompettes. À peine un petit « M’hein » mou de la voix qui t’indique que l’âge ingrat est au coin de la rue. Ah! non, trop tard, tu n’as pas pu l’intercepter : il est déjà chez toi, en la personne de ton ado.

Tu as déjà pris ton rendez-vous pour être internée quand… tu te rends compte que ça ne va pas si mal. Que toutes les méthodes éducatives mises en place parce que et malgré, elles finissent par donner des résultats. Que l’espoir qui t’a tenue en vie toutes ces années prend des teintes plus franches : cet ado te parle. Cet ado se rapproche de toi. Cet ado t’aime. Et en plus, il te cuisine des biscuits à l’occasion.

Ça ne règle pas tout (c’est qu’il a des années de pratique d’attitude plate derrière la cravate!), ça ne répare pas tout (une feuille froissée-déchirée-émiettée ne redevient pas lisse par miracle), ça n’efface pas les années de souffrance d’un coup de baguette magique. La mémoire est une faculté qui oublie… bien ce qu’elle veut.

Mais chaque jour qui passe permet à ton ado de grandir en dedans et en dehors (bon voilà, il t’a dépassée!) Chaque jour qui passe te permet à toi de voir ce qui ressort de tant d’années de persévérance et d’amour inconditionnel. Chaque jour qui passe vous permet de détricoter les mailles erronées, et de retricoter une relation saine.

Le fil du temps vous permettra de solidifier votre communication et votre confiance mutuelle. Oui, ça se peut, une adolescence sous le signe de l’espoir.

PS Interdiction de te venger. Ok… peut-être plus tard… gentiment, quand même… mais attends au moins qu’il soit parti de la maison.

Nathalie Courcy



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