Être ce qu’ils veulent que tu sois !

Je refais surface tranquillement. En arrêt de travail depuis six mois, j’ai officiellement donné ma démission il y a quelques semaines à un travail qui ne me convenait plus.

Déjà six mois que je suis à la maison avec mes enfants. Six mois de réflexion, de repos, de remises en question, de révélations mais surtout, de pur bonheur. Je suis une maman à la maison et j’adore ça ! Je ne sens pas du tout l’appel du travail. Sauf que mon entourage et la société ne manquent pas de me rappeler que je dois aller travailler. Je ressens cette maudite pression tous les jours. Cette pression que nous avons depuis l’adolescence, nous poussant à décider à quinze ans ce qu’on veut faire comme travail pour le reste de notre vie. La pression des jugements des autres qui malheureusement, ne manquent pas de faire des commentaires désobligeants sur le dos d’une maman qui veut rester à la maison. « Elle se fait vivre par son mari ! », « Elle ne doit pas faire grand-chose de ses journées ! » Et parfois, c’est pire…

Il fut un temps où le travail représentait l’identité d’une personne. Aujourd’hui, notre travail, donc les revenus financiers qu’il génère, participe à l’assouvissement des besoins fondamentaux des familles. Autrement dit, à nos besoins physiologiques (nourriture, chaleur, etc.) et à nos besoins de sécurité, comme le fait d’avoir un toit sur la tête.

Et si c’était ce que je voulais choisir ? Et si être une maman à la maison était ce qui me définissait ? Je veux que mes enfants puissent relaxer et se reposer pour vrai pendant la semaine de relâche, pendant les deux mois d’été et lors des journées pédagogiques. Je ne veux plus culpabiliser quand ils sont malades et que je dois m’absenter du travail. Je les ai trop longtemps réveillés à six heures en plein mois de juillet pour aller au camp de jour parce que je travaillais. Oui, c’est arrivé que je leur aie donné un médicament avant de les amener à l’école en me croisant les doigts pour que l’effet dure jusqu’à la fin de la journée. Pas de pauses, pas de temps libres et pas de matins tranquilles en pyjama.

Je suis au courant, ne vous inquiétez pas, que la société d’aujourd’hui, c’est ça. C’est la vie, qu’on me dit. Les deux parents travaillent et les enfants suivent l’horaire des parents. Je l’ai fait pendant douze ans. Mais moi j’ai le goût de faire autrement. Moi j’ai envie de suivre mes valeurs. J’ai le goût de trouver des solutions pour que notre famille soit capable d’arriver financièrement, parce qu’on n’est pas millionnaires. Et j’ai le goût de bâtir des souvenirs durables avec mes enfants.

Je ne veux pas que ma famille soit riche en argent, je veux qu’elle soit riche en temps ! Parce qu’au-delà du travail et des enfants, il y a l’épanouissement de soi et il faut trouver nous-mêmes ce qu’on veut vraiment. Alors maintenant, quand les gens me demanderont ce que je fais dans la vie, je pourrai leur répondre que je fais mon possible. Mais j’ai l’intention de leur répondre : je fais ce que j’aime, avec ceux que j’aime !

 

Valérie Grenier



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