Forte comme une mère

Je commence d’emblée en précisant que je vais écrire ici sur la force des femmes-mères. Mon but n’est pas de discriminer les autres ni d’écarter les hommes, mais plutôt de célébrer cet aspect bien spécifique de la femme qu’est la maternité et qui peut prendre bien des formes, j’en suis consciente. J’ai envie, ici, de souligner la force exceptionnelle de la femme qui enfante et qui naît elle-même en donnant naissance physiquement ou symboliquement.

Alors voilà, après la naissance de mon fils, j’ai réalisé plus profondément la force des femmes. Parce que pour moi, il s’agit d’un moment marquant de ma vie, un point tournant, une prise de conscience de mon propre pouvoir. Mettre au monde et éduquer un enfant, c’est le plus grand défi que j’ai accompli jusqu’à maintenant. C’est le rôle qui me force à me définir sur tous les plans pour ne pas finir engloutie dans toutes les responsabilités que ça comporte. Accompagner un enfant est un acte si commun, puisque fait par plusieurs, mais en même temps si extraordinaire. C’est une expérience à la fois unique, mais également très rassembleuse, puisque la maternité nous unit toutes.

Maintenant, je connais la résilience des femmes, je comprends cette énergie qui se mobilise pour porter et mettre au monde nos enfants. Cette puissance qui permet à notre corps d’être la maison d’un petit être et ce courage de couper le cordon physiquement et symboliquement avec un petit bébé porté au creux de soi pendant des mois, concrètement ou en pensée.

Aussi, chère maman, j’ai appris à ne pas me fier à la perfection qui semble émaner de ta vie sur Instagram. Je sais maintenant que, bien que ta vie me semble parfaite, toi aussi, un jour, tu as été dépassée par la maternité, comme moi. Je sais que tu as trouvé la force de faire de ton mieux, que tu t’es perdue et que tu t’es retrouvée (ou pas) depuis et je m’en fiche. Je sais que tu fais de ton mieux avec ton histoire, ta réalité, ton instinct à toi. Je sais qu’on est tous un peu folles, on fait toutes des choses qu’on reprochait à nos propres mères, on apprend en s’adaptant constamment. Que tu passes ta nuit à regarder si ton enfant respire, que tu sois une control freak de la routine, que tu aies de la difficulté à t’attacher à ton bébé ou à t’en détacher, ou même si tu vis une belle vie équilibrée avec ta famille, je sais qu’à un moment donné, tu t’es regardée aller en étant bien découragée de toi. Parce qu’on va se le dire : être maman, c’est déstabilisant et ça pousse à redéfinir nos limites, à panser nos vieilles blessures et à redéfinir la femme que l’on veut être.

Je m’adresse ici à toutes les mères pour leur exprimer mon admiration profonde et sincère. Que tu sois une maman qui aime être enceinte ou pas, une mère qui aime accoucher ou pas, une maman qui allaite ou pas, une mère riche ou pas, une mère en dépression ou pas, une mère parfaite ou pas, cinglante ou pas, ordinaire ou pas, une mère qui vit dans le chaos ou pas, peu m’importe maintenant : je connais cette force qui nous unit et je suis fière de nous. Toi, comme moi, on a des mauvaises passes, mais on doit s’occuper de nos cocos jour et nuit avec un amour inconditionnel.

En terminant, à toi la maman qui a dû accoucher d’un petit bébé parti trop tôt, à toi qui s’occupes de ton enfant malade dans des conditions sociales qui te reconnaissent trop peu, à toi la maman qui a un enfant qui dérange à l’école ou à la garderie, toi qui as un enfant avec des besoins particuliers, toi qui as vécu un accouchement traumatique, toi qui n’as pas eu de soutien pendant ta grossesse ou le reste de la croissance de ton enfant, toi qui élèves ton enfant seule, toi qui l’élève dans un modèle familial différent, à toi qui as perdu ton enfant trop tôt par accident ou pas, toi que j’oublie, mais qui luttes au quotidien : je veux prendre deux minutes pour te dire à quel point tu m’inspires. Je sais qu’à ta place, je ferais pareil, je me battrais jusqu’à la fin pour mon enfant, mais pas grave, tu m’inspires quand même, je te trouve forte dans ta vulnérabilité, je te trouve bonne de suivre ton instinct envers et contre tous, je te trouve belle, même quand tu es en mode survie. Parce que la vie, ce n’est pas le bonheur perpétuel, parce que des fois, nos enfants, on les vendrait pas cher, mais on les rachèterait six fois le prix l’instant d’après. En fait, depuis que mon fils est né, j’ai envie de lui apprendre à être fort comme une maman.

Roxane Larocque

 



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