J’aime mon voisin

Oui, j’aime mon voisin! Et j’adore ma voisine. Mon autre voisin… et ma deuxième voisine! Celle d’en face… et celui du bout de la rue. Changez de côté… mais pas de partenaire!

Oubliez tout de suite l’idée d’une histoire croustillante! C’est au sens sacré du terme amour que je fais référence. Pas au sens romantique. Juste qu’au lieu de se juger, on a décidé de s’aimer. C’est tout. Une touche d’humanité dans le quotidien effréné. Quelqu’un pour te saluer et te demander simplement : « Comment ça va? ». Quelqu’un pour te donner un coup de main, quand la vie te fait un croche-pied.

Mon cœur a trouvé sa maison, dès que j’ai mis les pieds dans le village. C’est ainsi qu’on surnomme notre rue. Une petite oasis dans une grande ville.

Mes voisins, je les aime tellement, que je les appelle encore mes voisins. Même si j’ai traversé l’océan. Même si j’ai quitté pour un autre continent. Voisins un jour, voisins toujours! Surtout après une tempête de neige, quand tout le monde sort gratter. Et que celui qui a une souffleuse, fait preuve de générosité.

Savoir qu’on retournerait en Outaouais, après notre aventure en Europe, ce n’était pas suffisant. Nous voulions retrouver notre rue. Y accrocher des petits bouts de racines. Nous avons donc décidé de louer notre nid douillet. Notre maison nous attendrait. Et aujourd’hui, nous entreprenons le chemin du retour. En sachant bien que nous avons beaucoup changé en deux ans. Et en se demandant : comment notre petit îlot, lui, a-t-il bien pu évoluer?

Il y a un peu de magie sur cette rue et évidemment, elle vient des gens qui y vivent. Ce sont de magnifiques personnes qui réservent une place d’honneur à la famille et s’entraident au lieu de se comparer. Je n’avais jamais ressenti un tel sentiment d’appartenance à une communauté. Comment ces belles paroles s’expriment dans la réalité? Je sais que ça fait de beaux mots : famille, entraide, communauté… Mais ça mange quoi en hiver?

Ça se nourrit de soupers de filles, où on rit et on pleure ensemble.

Ça se nourrit de fins de semaine de camping « interdites aux mamans » : sept gars, quatorze enfants.

Ça se nourrit d’un voisin qui cherche sa fille, et d’une gang qui se lance en battue pour la retrouver. Surtout qui le soutient en lui racontant que ça nous est tous déjà arrivé. Sans jamais insinuer qu’il aurait dû mieux la surveiller.

C’est des enfants qui jouent dans la rue : au hockey, au basket, à la corde à danser…

Des petits vélos abandonnés dans une entrée, et un groupe d’amis en train de s’amuser.

C’est des parents qui sont présents à l’extérieur. Qui distribuent des popsicles, par un bel après-midi d’été.

Une voisine qui accueillera tes enfants à leur sortie de l’autobus, quand une réunion t’aura retardé…

Tu peux être ce voisin toi aussi! Créer ton village si ce n’est pas déjà fait. Oui, j’ai des voisins en or, mais tout a débuté par une simple fête entre voisins. La 13e édition québécoise de cette fête du mieux-vivre ensemble approche à grands pas (fetedesvoisins.qc.ca). Pourquoi ne pas en organiser une sur ta rue le 8 juin prochain? Parce que lorsqu’on a goûté à une rue vivante, on ne veut plus s’en passer.

Elizabeth Gobeil Tremblay



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