Je lui dirais

Non, ce n’est pas pour être à la mode, et si j’avais besoin d’attention, j’opterais pour quelque chose d’un peu plus glamour. J’ai été diagnostiquée avec un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité dès l’enfance. Hé oui, ça existait dans le temps. La petite « pas vite » de la classe, c’était moi. Si je pouvais remonter le temps, je retournerais voir la petite fille que j’étais et je tenterais d’alléger le poids de son petit sac à dos.

Je lui dirais :

Que toutes les roches qui se sont trouvées sur son chemin, elle va en faire une montagne pour atteindre son sommet.

Que l’école va toujours être difficile pour elle, que tout va lui demander plus de temps, qu’elle va se fracasser le nez contre le mur bien des fois, mais qu’elle doit se relever, et ce, c‑h‑a‑q‑u‑e fois.

Que lorsqu’elle a l’impression de constamment échouer, qu’elle doit regarder autour d’elle pour constater toutes les petites réussites. Que les réussites ne se limitent pas aux résultats scolaires.

Qu’un jour, elle va repenser aux adultes qui l’ont malheureusement humiliée et qu’elle va pouvoir leur dire : regardez-moi, j’ai réussi. Peut-être pas de la même façon que tout le monde, mais j’ai réussi.

Que par passion, elle va retourner à l’école à l’âge adulte et qu’elle va réaliser l’ampleur de son trouble et les difficultés qui y sont rattachées. Qu’elle va me pardonner tous ces échecs‑là, parce qu’au fond elle réalise que ce n’est pas plus de ma faute que de la sienne.

Je lui dirais combien je suis désolée…

Qu’on lui ait reproché trop souvent de ne pas être « assez » et qu’elle ait fini par le croire. Pas assez motivée, pas assez concentrée, pas assez disciplinée ou encore pas assez intelligente.

Je lui dirais qu’elle va devenir une femme profondément humaine, avec un sens de l’humour bien à elle, malaisante à souhait, persévérante, qu’elle va se relever dans l’échec et que ça, c’est une réussite.

Pour terminer, je lui dirais que je suis fière d’elle et qu’elle ne doit jamais lâcher.

Peu importe la difficulté, la plus belle chose à offrir à un enfant, c’est de croire en lui, même dans l’échec. Il a besoin qu’on l’aide à s’épanouir, à s’estimer et à croire en lui. Le chemin facile, il l’aurait choisi s’il avait pu.

Merci à ceux qui s’assurent de faire leur différence, vous n’avez aucune idée combien c’est précieux et combien vous allez marquer la vie de ces enfants.

J’en profite pour remercier ceux qui ont cru en moi plus que moi‑même, j’ai pu le faire. Ceux qui m’ont relevée quand je fonçais dans un mur et qui m’ont dit : « Essaie encore, tu peux y arriver ». Merci pour le temps, pour avoir fait ressortir mes forces plutôt que de focaliser sur mes échecs (aussi nombreux soient‑ils) et surtout, merci d’avoir contribué à ma réussite.

Merci à Micheline Beauregard, Madeleine Frenette, Sœur Céline et Sylvie Cloutier.

Merci à Pat Mullen, Gino Jean, Fernande Desroches, Alain Larocque, Serge Leduc, sans oublier ma T.E.S Lucie Duguay et la directrice de l’école secondaire, Michèle Martin.

Et pour terminer, à mes deux meilleurs professeurs au monde : papa, maman, merci d’avoir toujours cru en moi.

« La chute n’est pas un échec, l’échec c’est de rester là où on est tombé. »

 

— Socrate

Marilyne Lepage



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