La maman et le stress

Vous connaissez ce sourire qui dit: « Vas-y monte dans le module de jeux où tu pourrais si facilement te casser un bras… te démantibuler une jambe… ou pire encore… vas-y! Fonces! Tu es capable! Je suis fière de toi!  »
Et qu’au même moment, cette voix  intérieure derrière le sourire éclatant qui crie : « Nonnnnn ! N’y vas pas! Viens près de moi! Je vais te surprotéger pour toujours! »

Avouez, vous connaissez?

Moi, c’est ma routine! Je demande humblement pardon à ma mère pour toutes ces fois où j’ai dû lui donner des spasmes cardiaques à effrayer les plus fortes d’entre nous. Maman, je m’excuse. Comme punition, tu peux maintenant rire de moi qui suis rendue là!

« Un jour, tu comprendras! »

Je comprends, maman.  JE COMPRENDS!

Mais comment as-tu pu, maman? (Linda Lemay sors de ce corps!) Comment as-tu fait pour ne pas t’évanouir chaque fois que je faisais les quatre-cents coups? (Notez qu’ici,  j’interdis à QUICONQUE de raconter lesdits quatre-cents coups dont il est question à mes enfants!… NON! Je vous l’interdis!)

Entorses, foulures, poignet cassé, ménisque déchiré, commotion cérébrale… et j’en passe.

DIEU MERCI, aucun de mes trois petits anges n’a eu cela… jusqu’ici. Je croise tout ce que je suis en mesure de croiser pour que ça reste ainsi. Mais existe-t-il une recette de résilience face à ces moments où l’on voit notre enfant souffrir?

Comment faites-vous, les mamans (et les papas bien-sûr!) pour contenir la panique que vous devez ressentir? Je connais bien cette idée où l’on dit que « pour eux, on y arrive ». Mais vu de l’extérieur, ouf que ça fait peur!

Vous l’aurez deviné, je suis de ces mamans, quelque peu névrosée, parfois. Pas toujours. Mais, moyennement souvent. Mea Culpa.

Le pire, c’est qu’on croit qu’après plusieurs enfants, on s’habitue. J’ai mon aîné qui, lorsqu’il était âgé d’environ deux ans, a sauté sur le divan et malgré mes avertissements, a « expérimenté » son tout premier baiser… sur la table du salon! Bouche devant, c’est la lèvre et la gencive qui ont écopé. Mais ça saigne, une gencive fendue! Plus de peur que de mal, celle-ci a bien vite guéri. Papa et maman s’en sont aussi remis après une visite en cinquième vitesse à la clinique sans rendez-vous.

Mon plus jeune a perdu sa première dent! À… treize mois. Papa a failli en mourir. (J’exagère à peine, je vous assure!) Petit homme a décidé de grimper sur la table à langer pour atterrir, lui aussi, bouche devant sur le sol! (Oui je vais devoir les surveiller ces garçons, ils sont précoces des embrassades… mais ça, c’est un autre combat!) Un sachet de ketchup, ça vous rappelle quelque chose? C’est ce que sa petite palette de lait a fait… « plok » : entièrement expulsée! Il s’en est aussi très vite remis.

Puis, ma fille. Oh ma belle puce, je te remercie sincèrement de ne pas être aussi casse-cou que ta maman! Car je dois l’avouer, tes deux frères réunis ne peuvent même pas m’accoter. Alors merci de ne pas avoir hérité de moi pour ce côté-là! Je crois que je n’y survivrais tout simplement pas.

Alors je reviens à toi maman : comment as-tu réussi à me survivre? Je crois que la vie a voulu t’aider, car avec tous ces cheveux blancs que j’ai dû te donner… j’ai commencé à avoir les miens à peine la vingtaine commencée, avant même d’être mère! Karma, j’imagine!

Alors dites-moi, vous qui me lisez : suis-je la seule à avoir les dents serrées dans un sourire plastifié lorsque mes enfants s’élancent vers ce qui est amusement pour eux… mais qui est chaque fois pour nous un ultime danger? Où tout devient un feu auquel il ne faut surtout pas toucher…

Simplement, Ghislaine.



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