Parler de la mort avec les tout-petits

Je ne m’attendais pas à en parler aussi rapidement avec mes enfants. Mon plus vieux me prend parfois par surprise. Nous sommes chanceux, nos enfants n’ont pas encore été réellement confrontés à la mort, ils n’ont perdu aucune personne qu’ils aiment. On se croise les doigts pour que ça n’arrive pas de sitôt. Ce sujet reste donc assez abstrait pour eux.

La première fois que notre aîné m’en a parlé, il n’avait pas encore trois ans. Il m’a demandé où était son papi, mon père. Il est décédé. Je ne voulais pas lui mentir, mais je ne voulais pas le traumatiser non plus. Pas évident. J’ai réussi à lui faire comprendre son décès sans que ça le préoccupe tellement dans les jours suivants, ouf! Je m’en suis sortie. Il a plus accroché sur le fait qu’il aimerait un papi et que c’est triste de ne pas en avoir que sur la mort en tant que telle.

Je lui ai alors demandé ce que c’était, selon lui, un papi. Il m’a répondu que c’était quelqu’un, un monsieur, qui jouait avec lui, qui le consolait, qui lui lisait des histoires et qui prenait soin de lui. Je lui ai alors fait remarquer qu’il a donc plusieurs papis. Le père de son père d’abord, mais aussi mon parrain qui a une place privilégiée dans la vie de mes enfants et l’amoureux de ma mère qui aime beaucoup jouer avec eux. Il se trouve maintenant bien chanceux d’avoir autant de papis.

Une chance qu’il ne m’a pas encore demandé comment mon père est décédé parce que je ne sais vraiment pas comment ni quand aborder le concept du suicide avec un enfant… Si vous avez des conseils, je suis preneuse!

Ensuite, l’an dernier, dans un épisode de Passe-Partout, Cannelle et Pruneau discutaient de Grand-Maman Bi avec Grand-Papa Bi. Ce dernier expliquait à ses petits-enfants que Grand-Maman Bi était décédée parce qu’elle était simplement arrivée à la fin de sa vie.

Le soir même, notre plus vieux m’en a parlé à l’heure du coucher. Il était très inquiet de mourir. J’ai tenté de lui dire que Grand-Maman Bi était très vieille, que ça n’arriverait pas avant très, très longtemps. J’ai essayé de mieux lui faire comprendre la notion du temps en comparant les âges de membres de notre entourage. Rien à faire. « J’ai pas envie d’être mort, maman. Je ne veux pas arriver à la fin de ma vie ».

Depuis plus d’un an, ça revient parfois. Il en reparle, nous répète qu’il n’a pas envie d’être mort. On le rassure du mieux qu’on peut, on lui dit qu’on prend bien soin de lui, qu’il ne mourra pas. Mais ça finit toujours par revenir le chicoter.

J’ai tenté de trouver des livres qui traitent de ce sujet, mais tous ceux que j’ai consultés sont destinés à des enfants ayant perdu quelqu’un. Ce n’est pas le cas des nôtres, c’est encore abstrait pour eux. Chaque fois, j’ai l’impression que ça le tracassera plus après avoir lu un livre qu’avant. Par exemple, un livre qui parle d’une mamie au ciel pourrait faire qu’il s’inquiète de perdre sa mamie.

Il est déjà si sensible. Je veux le rassurer sans lui mettre prématurément des soucis en tête. Ce n’est pas une tâche facile. Avez-vous déjà vécu quelque chose de semblable? Comment y avez-vous fait face?

Jessica Archambault

 



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