Qui part à la chasse, perd…

… absolument rien pantoute. Je changerais le proverbe pour « Qui part à la chasse… gagne la foutue paix ! »

Oui, l’homme est chasseur. Deux fois dans l’année, il part dans le bois seul. Il est gonflé d’orgueil. Il retrouve son instinct d’homme des cavernes. Il se sent pourvoyeur de la famille. La confiance est à son top (même si depuis plus de trois ans, il revient sans la fameuse viande). Grâce à lui, la famille sera nourrie pendant un bout de temps. Pense-t-il tout enorgueilli.

Et moi, j’en suis presque heureuse. Enfin, j’ai fini d’entendre parler des préparatifs, des tâches qu’il a dû effectuer pour ces deux semaines. Je pourrai dormir sans ses ronflements. Je pourrai écouter ce que je veux à la télé. Je pourrai relaxer.

Et c’est là que la réalité me frappe de plein fouet. L’homme est tranquillement assis dans le bois, écoutant paisiblement le silence ; ce silence parfois entrecoupé de chants d’oiseaux ou encore du son guttural sortant de sa gorge, qui tente tant bien que mal de leurrer la bête en l’appelant à lui. Pendant ce temps, moi, je gère des cris inhumains, parce qu’une enfant a pris la Barbie de l’autre. Je cours dans les allées de l’épicerie en attrapant les aliments en même temps que mes enfants. Je gère mon plancher de salle de bain noyé, par les éclaboussures. Je défais une queue-de-cheval à travers les cris de mort de ma dernière, qui croirait-on subit une sorte de torture. Je gère les devoirs, les leçons, l’exposé oral. Je me tape seule la routine du matin et du soir. Et je n’ai même pas parlé des repas, du lavage, du ménage, du cours de karaté, de ceux de gymnastique, alouuuettttttttttteeee !

Pendant que l’homme savoure pleinement sa semaine de vacances seul, ben moi, je cours comme une poule pas de tête, pour arriver à survivre à ces deux semaines.

Ok, je l’avoue ! JE SUIS JALOUSE ! J’en veux une moi aussi, une semaine de tranquillité. Je veux pendant une semaine me délivrer de cette charge mentale que trop souvent, je m’impose en tant que maman.

Je veux pour une fois moi aussi partir à la chasse et gagner la foutue paix…

Mélanie Paradis



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