Le petit frère fatigant

Pendant plus de dix ans, mes filles ont été en guerre. Ouverte et violente. On a travaillé extrêmement fort pour réparer leur relation et bingo! Ça a fini par fonctionner. Mon cœur se ramollit devant chaque câlin, devant chaque parole douce entre elles. Et en même temps, ces gestes tendres me replongent dans des souvenirs que j’aimerais oublier. Toutes ces journées où j’ai eu peur autant pour la plus jeune que la plus vieille.

Quand j’ai compris que l’histoire serait différente avec mes garçons, j’ai vécu un choc. La complicité entre mes enfants, je ne connaissais pas. C’était une notion inconnue que je n’espérais plus. J’ai dû apprendre à simplement croire qu’une relation fraternelle pouvait être simple. Et douce. Et bienfaisante.

Quand j’entends mes garçons jouer ensemble de 6 heures le matin jusqu’à l’heure du dodo, je fonds. Quand j’entends le plus vieux dire que son frère est son « camafrère » parce qu’il est à la fois son meilleur camarade et son frère adoré, je fonds. Quand j’entends le plus jeune exprimer sa gratitude chaque soir en disant « Je veux remercier mon frère d’être un aussi bon ami pour moi et de toujours vouloir jouer avec moi », je fonds. Quand je m’aperçois qu’entre eux, il n’y a pas de hiérarchie, pas de petit ou de grand frère, pas de « petit frère fatigant » ni de « grand frère terreur », pas de prises de bec ni de pouvoir, je me sens rassurée sur ma compétence parentale et sur le pouvoir de l’amour.

C’est bien l’amour fraternel et maternel qui a permis à mes garçons de reconnaître l’âme frère en eux. C’est bien ce même amour qui a permis à mes filles de faire renaître l’âme sœur entre elles. C’est bien l’amour qui nous unit et qui donne vie à tous les colleux, les « je t’aime », les bisous et les pardons.

 

Nathalie Courcy



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