Petite maman, « sors danser! »

« Oui, tu l’aimes ton nouveau petit bébé, tu l’aimes tellement que tu es en train de t’oublier. Alors, sors danser pour une soirée! »

J’ai été comme toi tu sais… Lorsque je suis devenue mère, mon attention n’était centrée que sur mon nouveau‑né. Il était le plus beau, le plus charmant, le plus fin, le plus drôle, il était le plus plus plus, et le tout tout tout. Tout comme toi, petite maman, j’ai développé un lien intense avec mon enfant, et personne ne pouvait comprendre ça. J’étais FULL en amour et en admiration.

En le mettant au monde, j’ai réalisé que j’avais un grand rôle à jouer. Je m’étais fixé des attentes et des responsabilités plutôt élevées face à mon rôle de maman, probablement comme toi! On va se l’avouer, devenir maman peut surprendre parfois. En tout cas, ça a été mon cas!

Pendant des années, je n’avais que moi à qui je devais penser et dont je devais me préoccuper. La vie était simple, paisible et sans stress! Mon quotidien a vite été remplacé par la nécessité de prendre en charge cette autre personne que moi. En fait, j’étais probablement comme toi, petite maman : toute mon attention était dirigée vers mon enfant et tranquillement, j’ai banalisé (voire ignorer) mes propres besoins.

J’avais tellement peur de ne pas être assez :

  • présente, et ce, malgré ma présence à ses côtés jour et nuit ;
  • disponible, et ce, même si j’étais disponible jour et nuit ;
  • bonne mère, et ce, même si j’y mettais toute mon énergie!

J’avais peur de quitter mon bébé, car il était l’être le plus merveilleux. Lorsque je le quittais, je vivais un gros manque. Je ressentais un vide à l’intérieur puisque je m’ennuyais de sa petite binette. Plus rien ne m’attirait, car je m’étais persuadée que rien ne valait la peine, sauf si ça tournait autour de mon bébé.

J’avais omis que j’étais une femme et que je pouvais vivre autre chose de merveilleux en dehors de mon rôle de maman. Pire encore, je vivais une énorme culpabilité dès que j’avais une petite pensée pour ma personne!

Je crois que les gens autour de moi le voyaient. Mais moi, je souriais. J’étais convaincue d’être super équilibrée, puisque j’avais le plus beau trésor entre les mains.

Un jour, ma mère m’a regardée et m’a dit : « Va danser, ma fille! »  Quand j’ai entendu ses mots, les deux bras me sont tombés! Elle avait remarqué que tranquillement, mon rôle de maman avait commencé à me peser sur les épaules. « Va danser, ma fille! Tu en as besoin. »

« Va danser! »… Ces mots me sont restés en tête pendant quelque temps avant que je comprenne réellement ce que ma mère me disait. J’ai compris que ma mère me passait le plus grand message du monde en me disant que je devais m’occuper de moi également. Qu’elle remarquait tout mon dévouement envers mon enfant, mais que je m’oubliais tranquillement.

Elle venait de me donner l’autorisation que je n’arrivais plus à me donner. L’autorisation de me retrouver en tant qu’individu. D’arrêter de vivre avec de la culpabilité et de pouvoir me donner du temps, du bonheur, de la valeur et de l’amour en tant que femme et en tant que personne tout simplement.

J’ai compris que pour bien aimer les autres autour de moi, je devais me préoccuper de moi aussi. J’ai compris que pour bien aimer, je devais aimer la vie que j’avais choisi de vivre et que je devais trouver un bel équilibre.

Par ces simples mots, ma mère m’a enseigné que le bonheur d’être mère est important, mais que prendre du temps pour moi est une nécessité. Satisfaire mes besoins, prendre soin de moi, m’accorder de la valeur humaine ne signifie pas que je suis égoïste, bien au contraire. Penser à moi contribue à mieux m’occuper des autres! De mon enfant.

Alors, si un jour, je te vois perdre ton beau sourire, petite maman, je t’inviterai à danser! Et si tu hésites à m’accompagner, appelle ta maman et écoute‑la. Elle te dira :

« Ok ma belle, sors danser, je vais garder! »

Maman Gonflée



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