Pour moi, pour elle, pour lui

J’ai envie de te dire que ça ne donne rien d’entretenir de l’amertume contre lui, le père de tes enfants.

J’ai envie de te dire qu’au final, c’est non seulement lui que tu feras souffrir, mais aussi elle et moi.

Moi, je suis la nouvelle fille dans sa vie, la nouvelle femme dans la vie de ta fille.

 

Je suis celle qui soutient cet homme dans sa nouvelle réalité. Cette réalité dont il ne croyait pas être un jour l’acteur principal.

Moi, je suis celle qui l’aide, qui l’écoute, qui le conseille, car moi aussi, je suis une maman.

Je le réconforte et le console lorsque, sur son visage, des larmes coulent.

Je suis à ses côtés lorsqu’il doit demeurer fort et solide pour ne pas que VOTRE fille ressente sa tristesse.

Oui, demeurer fort, parce que crois-moi, j’ai vu cette inquiétude dans ses yeux. Cette appréhension de faire face à des avocats, des frais, des interrogations… à la justice.

Son bon vouloir n’a pas été assez convenable pour toi. Tu as entièrement le droit de questionner.

J’ai envie de te dire que ton enfant a irrévocablement été témoin de toute cette anxiété qui l’habitait. Et c’est cet aspect-là de votre histoire, qui n’est pas la mienne et ne le sera jamais, qui me trouble profondément.

Cet enfant qui a vu ses parents amoureux, qui a été élevé dans des conditions plus que parfaites dans ses premières années de vie, doit maintenant faire face à cette frénésie qui s’est installée.

Peut-être que certains me diront que je suis chanceuse, que je m’entends bien avec mon ex-conjoint, que je ne sais pas ce que tu as vécu.

À toi, je répondrai que j’aurais eu toutes les raisons du monde d’aller dans le même sens que toi. Seulement, je suis allée plus loin dans mes réflexions. Je suis allée plus loin que ma frustration. Pour lui, pour elle et pour sa nouvelle conjointe.

Je me suis souvenu des bons moments passés avec lui, le père de ma fille. Je me suis remémoré pourquoi j’avais eu un enfant avec lui. Et pour cette merveille que nous avons créée ensemble, j’ai eu envie de le respecter… de rendre sa vie plus légère. Plus belle.

Bien évidemment, je n’ai pas toujours eu ce degré de zénitude envers lui. Mais, maintenant, je suis fière de mes choix.

Et toi, ne me dis pas que tu es bien dans ce tourbillon d’émotions. Ne me dis pas que tu ne connais pas l’impact de tes gestes et de tes décisions.

Tu es quelqu’un de brillant, ce n’est pas surprenant que votre fille soit si parfaite.

Alors à toi, l’ex, la maman, la nouvelle femme en devenir…

À toi, celle que tu essaies d’être, celle que tu tentes de reconstruire…

Tu mérites autant que moi… que lui et elle, d’être heureuse.

Laisse la haine, l’orgueil et les petits nuages sombres derrière toi.

Avance. Ainsi, toi, moi elle et lui, nous serons en mesure de vivre cette vie qui se doit d’être douce et magnifique.

Isabelle Nadeau

 



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