Je suis une mauvaise amie

Je l’ai pas, je l’avoue : en amitié, je suis vraiment nulle! J’essaie, je fais des efforts, mais rien à faire, je suis une mauvaise amie. Je voudrais tellement être digne des Sex and the city et La Galère de ce monde, mais rien à faire!

Si Facebook n’existait pas, c’est à peu près certain que j’oublierais ta fête, mon amie. Je le sais, parce que si ma mère et mon chum n’avaient pas la même date d’anniversaire, un des deux se retrouverait très certainement aux oubliettes. Je suis comme ça, faut pas m’en vouloir : j’arrive à me rappeler toutes les affaires insignifiantes et inutiles, mais le jour de ta fête, impossible, et ce, même si je te connais depuis toujours.

Le téléphone, les visites… encore là, je ne l’ai pas! Je n’appelle jamais pour prendre des nouvelles, je suis vraiment désolée. J’y pense, mais je ne le fais pas. Je passe devant chez toi plusieurs fois par semaine et chaque fois, je me dis : « Faudrait tellement que je lui rende visite ». Et je continue mon chemin…

Si j’entretenais mon couple ou ma famille comme j’entretiens mes amitiés, je serais certainement célibataire et mes enfants ne me parleraient plus. Le pire? J’ai tellement de volonté! Je me dis : « Ok là, ça suffit, tu fais des efforts », et là, je téléphone, je texte, je passe faire un tour et au bout de quelques semaines… nada! Je retrouve mon rôle d’amie poche et le confort de la loi du moindre effort.

Et pourtant, je décrocherais la lune pour une amie. Je la décrocherais en pleine nuit sous la pluie, je la décrocherais pieds nus en pleine tempête de neige. Je la décrocherais même si ça ne me tente pas et je ne me poserais même pas la question! Je ferais tout et n’importe quoi (tant que ça n’implique pas des araignées, j’ai mes limites!), mais au quotidien, je suis la pire des amies.

J’ai de l’amour à revendre, j’ai l’oreille attentive et les conseils qu’il te faut, mais juste une fois de temps en temps. À temps plein, tu te retrouverais à me confier tes états d’âme dans ma cuisine, entre de la vaisselle sale et du linge pas plié. Tu te ferais couper la parole par deux p’tits tannants (et je doute que ce soit ce que tu recherches) et je finirais par te mettre à la porte parce que je dois me rendre à une réunion. J’ai tout ce qu’il faut pour être une bonne amie, mais je suis prise dans mon rôle de maman et de blonde, et c’est tout le reste qui prend le bord… toi comprise, chère amie.

Mais je t’aime, je t’aime tellement, tu me connais si bien, peut-être même trop, et je t’aime surtout parce que tu sais et que tu comprends. Je m’en veux souvent d’être une mauvaise amie, mais comment je pourrais me passer de toi, et ce, même si je te vois une fois par lune. Je suis là, quelque part je ne sais pas trop où, mais je suis là, et je sais que toi aussi. En pleine nuit, en plein jour, au milieu de la semaine ou le soir de Noël, quand c’est la fin du monde ou le plus beau jour de ta vie, je ne suis jamais plus loin qu’un coup de téléphone.

Et plus j’y pense, plus je me dis que c’est peut-être ça, l’amitié idéale : savoir que l’autre est là même quand nous, on n’y est pas!

Karine Arseneault



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