Quand le vase a été recollé

Nous avons tous déjà vécu des hauts et des bas, c’est la vie. Nous avons tous eu nos façons qui nous sont propres de nous sortir des mauvais moments. Parfois facilement, parfois avec difficulté. Nous nous en sommes sortis seuls, ou avec de l’aide… Nos proches, nos amoureux, des spécialistes. Nous sommes tous sortis différents de nos déboires. Parfois plus forts sur certains points mais, souvent, trop souvent avec des cicatrices qui nous pèsent parfois. Des fragilités.

En toute confidence, il y a plus de deux ans, je suis tombée, tombée d’une chute en latence de quelques années. J’étais restée en suspension, en équilibre fragile durant tellement longtemps, que j’ai perdu pied. J’ai souffert de maladie mentale, la dépression grave doublée d’un choc post-traumatique. Pour les raisons x-y-z, je me suis effondrée. J’ai suivi une thérapie, été médicamentée pendant plus d’une année. Un cocktail que j’avais toujours refusé d’envisager, ne croyant pas que ça m’aiderait vraiment, croyant pouvoir « m’en sortir » à tout coup. Mais cette fois‑ci, c’était la fin.

La fin de ma bataille, j’avais perdu.

La fin de mes ressources personnelles, j’étais épuisée.

La fin de certains rêves de force suprême, je me sentais faible.

La fin de mon courage, j’étais totalement apeurée.

Mais toute cette fin n’en était pas :

J’avais quitté la bataille, ne l’avais pas perdue, juste choisi de me retirer.

J’avais oublié que de l’aide existe, des ressources il y en a toujours.

Je n’avais pas manqué de force, j’avais été forte trop longtemps.

J’avais surpassé mes peurs, en m’arrêtant enfin.

Mais ça ne s’arrête pas là. Ça ne s’arrête jamais. Pas complètement. Nous apprenons à utiliser des outils qui nous aident à garder le contrôle, à surpasser l’obscurité, à rallumer les lumières.

Depuis, j’ai été sevrée de ma médication, avec succès. Mais j’ai en mon âme une cicatrice qui restera toujours ; j’apprends à vivre « avec » et non pas en la « combattant ». Ce vase qui est tombé au sol, les morceaux éparpillés qui ont été ramassés, recollés… parfois même « relookés » et solidifiés avec un vernis tout brillant. Reste que ce vase gardera toujours une certaine fragilité que les nouveaux vases n’ont pas.

J’avais écrit ailleurs, que « Je suis fragile, quoique dure. Comme l’argile sur ce mur ». Mon argile a été rassemblée avec un produit qui laisse des traces. L’une d’elles, c’est l’anxiété.

Je vais bien, vraiment. Ma vie est belle, malgré ses désagréments. Mais je porte désormais en moi ce mal. Je dis « mal », car ça blesse. L’orgueil, la fierté et autres sentiments connexes. Il existe plusieurs formes d’anxiété, de la bonne qui nous garde alertes et prêts à l’action. Puis il y a celle qui nous envahit de toute part, faisant trembler nos membres, nous étouffant, les larmes aux yeux, la sudation qui explose… et j’en passe.

J’apprends à vivre en essayant de faire de cette anxiété périodique mon alliée. Je ne peux pas la combattre, personne ne le peut. Je ne peux que l’accepter, vivre le moment, cinq minutes à la fois et avec le temps, elle marchera à mes côtés, plutôt que sur mon être.

J’aurais tellement à vous partager sur le sujet! Mais j’aimerais que VOUS, vous me partagiez vos outils.

À moi et à tous ceux et celles qui nous liront.

Comment faites-vous pour apprivoiser l’anxiété? Celle qui vous donne l’impression d’avoir envie de ne plus exister au moment où elle vous assiège. Celle qui vous donne la peur de vous briser à nouveau. La peur que cette colle qui a réuni vos petits et grands morceaux ne s’effrite pour ne laisser que les miettes à ramasser…?

Je termine en vous encourageant à demander de l’aide lorsque cela vous arrive. Il n’y a pas de honte à être HUMAIN.

Simplement, Ghislaine



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