Mère soloparentale

Maman soloparentale de 31 ans avec deux jeunes enfants (1 et 2 ans). Qu’est‑ce que ce terme veut dire? En fait, j’ai un conjoint, un papa pour mes enfants, un partenaire de vie, qui est souvent absent. Pas parce qu’il va faire la fête avec des amis toutes les fins de semaine, mais parce qu’il travaille juste tout le temps.

Dès le début de notre union, c’était comme ça. Il travaille à son propre compte dans la construction et mon conjoint est du genre à se définir par le travail. Souvent, il n’a pas assez de son emploi prenant et il se trouve des « fameux » projets. Pas un petit jardin à monter en une journée, non, non. Je dirais le genre de projet de retaper une maison complète en plus d’étaler nos rénovations de notre propre maison depuis cinq ans. Bref, il travaille beaucoup. Je vous rassure tout de suite, il est quand même présent, mais à petites doses et il sait très bien s’occuper de la marmaille… quand il est là! À première vue, on dirait que mon conjoint n’est juste jamais là pour les enfants et j’entends souvent des commentaires. Voici les phrases que j’entends le plus souvent :

1. Ton chum n’est pas encore là? (souvent dit avec un ton de jugement)

Eh oui, tu as l’œil. Non, mon conjoint n’est pas là, il travaille présentement. Puisqu’il travaille pas mal toujours, je me sens toujours le besoin de justifier son absence pour que ça passe mieux. C’est assez fatigant, je devrais dire!

2. Tu es encore toute seule?

Logiquement oui, s’il travaille c’est évident que je suis seule avec les enfants… Il ne peut pas être à deux places en même temps.

3. Je ne sais pas comment tu fais pour arriver à t’occuper des enfants, à travailler et à t’occuper de la maison en plus de faire le lavage, le ménage, les repas, l’épicerie, etc.

Moi non plus, je ne sais pas comment je fais. Je suis dans un tourbillon et je vis chaque journée sans me poser trop de questions. J’ai lâché prise aussi sur un ménage parfait, ça aide!

4. Tu n’es pas tannée d’être seule avec les enfants et de vivre comme une mère monoparentale par moment?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce n’est pas tous les jours comme ça. Il y a des périodes dans l’année où c’est pire que d’autres. Par contre, oui, c’est parfois frustrant, mais c’est pour le travail. Ce n’est pas pour aller faire le party tous les soirs. Elle est là la nuance. J’envie parfois les familles qui vont prendre des marches et qui font leur épicerie ensemble, mais bien honnêtement, on s’habitue. Après un 3 semaines de vacances, j’ai souvent hâte au retour à la routine de ma solitude!

5. Ça doit être beaucoup de logistique quand il faut que tu t’organises avec les enfants?

Oui, c’est certain. Notre plus gros défi, c’est l’organisation et la communication. En fait, j’ai la chance d’être bien entourée. Ma mère et ma belle-mère sont toujours disponibles pour m’aider avec les enfants quand j’ai besoin de temps pour aller faire des achats ou autre. On essaie de mettre les rendez-vous et les activités le soir vers 20 h pour laisser le temps à mon conjoint d’arriver.

6. Les enfants doivent s’ennuyer de lui.

Oui, c’est certain. C’est ce qui rend le tout complexe. Avec le temps, les enfants se rendent compte de son absence et c’est ce qui est le plus difficile à gérer. C’est là où il faut avoir une bonne organisation et une bonne communication pour que le temps passé avec eux soit de qualité.

7. Est-ce que tu aimerais ça que ton conjoint ait un horaire de travail plus stable du lundi au vendredi de 9 h à 17 h?


Oui, absolument. C’est sûr que c’est difficile, surtout que je retourne au travail après mes deux congés de maternité et l’horaire sera moins flexible. En semaine, ce n’est pas si pire, mais la fin de semaine, je commence à trouver ça plus difficile de ne pas l’avoir à mes côtés, de ne pas avoir une vie de famille normale.

En résumé, je ne suis pas malheureuse et plusieurs vivent une situation comme la mienne. Nos proches ne comprennent pas toujours, mais c’est vrai qu’on finit par s’y habituer. Je ne dis pas que c’est facile, loin de là. Souvent, j’ai une rechute, mais on finit par s’y accommoder. Les premières années d’une gestion d’entreprise sont très prenantes et il faut tout donner pour assurer la stabilité. Je me souhaite donc des années stables stables stables à venir!

P.-S. – Quand tu sais qu’une maman est soloparentale, ne lui rappelle pas aux deux minutes qu’elle est seule à tout faire, elle le sait. Fais juste lui demander si elle veut de la compagnie et rends-lui visite, elle va aimer ça! 😉 



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